Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 14:23

 

Après le discours de Dakar en juillet 2007, au-delà des réactions d’humeur, légitimement, beaucoup espéraient un changement de cap dans la politique africaine de la France. La déception aura été à la hauteur de l’espoir suscité. En effet, quelques mois plus tard seulement, puisqu’il aura osé évoquer ouvertement la mauvaise gouvernance de certains présidents africains : « quand le baril est à 100 dollars, et que d'importants pays producteurs ne parviennent pas à se développer, la gouvernance est en question», l’impétueux Jean-Marie Bockel perdra son portefeuille ministériel au secrétariat d’Etat chargé de la coopération. Nicolas Sarkozy aurait ainsi, assez rapidement, cédé à la pression des puissants de l’Afrique. Aussi quand la  Cour d’appel de Paris refusera en octobre 2009 de laisser un juge d’instruction enquêter sur l’affaire dite des "biens mal acquis", patrimoine immobilier et mobilier acquis en France par trois chefs d’Etat africains et leurs entourages, l’ancienne juge Eva Jolie n’a pas hésité à dénoncer la pression de l’Elysée sur les juges. Mais alors comment comprendre ce revirement spectaculaire de la France dans le traitement de l’affaire de l’acquisition immobilière de l’homme politique béninois Adrien Houngbédji ?

Les faits :

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Alors que le Bénin, ce petit pays d’Afrique occidentale traverse une dramatique crise financière, l’éclatement d’une bulle spéculative à la Madoff ayant fait perdre près d’une centaine de milliard de francs cfa à des milliers de petits épargnants, l’ancien premier ministre et député à l’assemblée nationale fait une énième acquisition immobilière pour plus de 2 milliards de francs cfa en plein 16è arrondissement à Paris.

Certainement pour éviter toute situation semblable à celle engendrée par le dossier des « biens mal acquis », les autorités françaises ont immédiatement fait part de leurs doutes aux autorités béninoises et ont tracé la provenance des fonds. Si des zones d’ombre subsistent sur le réel point de départ des fonds, il a été clairement établi que l’argent en provenance du Bénin aurait transité par la Côte d’Ivoire. Bien que cette information ne suffise à justifier l’implication de cet ancien avocat d’affaire dans le scandale financier en cours, de forts soupçons continuent à peser sur le futur candidat aux élections présidentielles de 2011. Des questions embarrassantes auxquelles les dénégations énergiques du candidat et de ses partisans n’ont pas donné de réponses claires continuent d’alimenter les rumeurs. Notamment, alors que les seuls revenus connus de l’homme sont ses indemnités de député, où a-t-il trouvé plus 2 milliards de francs cfa pour opérer cet achat immobilier ? Et s’il se permet à la veille d’une échéance électorale capitale pour sa carrière politique (5è et dernière tentative) de dépenser autant d’argent dans un bien immobilier à l’étranger, cela ne veut-il pas dire qu’il a des réserves ailleurs pour sa campagne ? Quels sont réellement l’étendu et l’origine de sa fortune ?

Tant que des réponses claires et nettes ne seront pas fournies à ces questions, le doute persistera sur l’implication de cet homme politique dans la scabreuse affaire financière en cours dans son pays le Bénin.

Maintenant dans la dénonciation de la France, est-ce opportun d’y voir un changement important dans les relations franco-africaines après le sommet Afrique-France de Nice ? En tout cas, l'homme politique béninois aura été lui au moins lâché par l'hexagone ! Et si cette affaire ne reste pas unique, il faudrait croire que les pilleurs des économies des pays pauvres ne seront plus couverts par Paris. 

Par dessous-d-afrique.over-blog.com
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